25 juin 2021

Il est temps de faire du droit à la santé des femmes et des filles une réalité grâce à la couverture santé universelle

Message au Forum Génération Égalité à Paris

Par l’Alliance pour l’égalité des sexes et la CSU, (coparrainée par Women in Global Health, Women DeliverSpectra Rwanda et Sama India), le Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant et la CSU2030 avec son Mécanisme de participation de la société civile

En septembre 2019, au cours de la réunion de haut niveau des Nations Unies sur le thème « Couverture sanitaire universelle : œuvrer ensemble pour un monde en meilleure santé », les dirigeants mondiaux ont adopté la déclaration politique sur la santé la plus ambitieuse et la plus complète de l’histoire. Ils prenaient ainsi acte de l’importance fondamentale de la couverture santé universelle (CSU), notamment la santé et les droits sexuels et génésiques, pour assurer des vies en bonne santé et le bien-être de tous (ODD3) ainsi que d’autres objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

En donnant suite à l’engagement en faveur de la CSU, il est possible d’accélérer les progrès vers l’égalité des sexes et faire progresser les droits des femmes et des filles. Alors que des dirigeants mondiaux, des organisations de la société civile, des jeunes, des activistes, des responsables du plaidoyer et des partenaires se réunissent au Forum Génération Égalité à Paris pour annoncer d’ambitieux investissements et des politiques destinées à faire avancer l’égalité entre hommes et femmes, nous invitons toutes les parties prenantes à saisir cette occasion pour réaffirmer leur engagement en faveur de la CSU, mais aussi pour veiller à ce que l’égalité des sexes et la santé et les droits des femmes et des filles, notamment la santé et les droits sexuels et génésiques, soient au cœur des plans pour la CSU de même que dans les activités de riposte au COVID-19 et de reprise après la pandémie.

La CSU signifie que toutes les personnes, où qu’elles se trouvent, dans toutes leurs identités croisées, ont accès à des services de santé de qualité, sans souffrir de difficultés financières. Le genre est un déterminant majeur de la santé, et les inégalités entre les sexes aboutissent à des risques sanitaires accrus pour les femmes et les filles dans le monde. L’identité de genre influe sur l’étendue des besoins de santé et les résultats des soins, mais elle a aussi des conséquences sur la manière dont les systèmes de santé planifient et appliquent les programmes.

Les femmes et les filles, en particulier celles qui sont le plus marginalisées, se heurtent à de multiples obstacles pour avoir accès aux services de santé, une situation qui a été exacerbée par la pandémie de COVID-19. Des services de santé essentiels, notamment de santé sexuelle et génésique, ont été perturbés et des ressources ont été réallouées, avec des services vitaux comme les soins maternels et génésiques classés comme non essentiels. Cela fait courir aux femmes et aux adolescentes davantage de risques de mortalité, de morbidité et de handicap du fait de causes évitables. C’est pourquoi nous ne pourrons pas parvenir à l’égalité des sexes sans garantir le droit des femmes et des filles à la santé.

La CSU ne sera jamais mise en œuvre où que ce soit sans d’abord s’attaquer aux inégalités entre les sexes et s’occuper du leadership des femmes dans le système de santé. En fait, si les femmes représentent 70% des personnels de santé essentiels dans le monde, elles n’occupent que 25% des postes de cadres[1]. Renforcer les systèmes de santé pour parvenir à la CSU exige d’investir de l’attention et des ressources dans des personnels de santé bien formés, dotés de ressources suffisantes et soutenus à tous les niveaux. Alors que les femmes continuent de protéger notre santé en première ligne et dans les communautés, pendant la pandémie de COVID-19 et après, nous devons garantir des cadres économiques, sociaux et juridiques d’appui pour que les personnels de santé parviennent à l’égalité entre hommes et femmes. Le bien-être et l’autonomisation des femmes sont des objectifs non négociables pour parvenir aussi bien à l’égalité des sexes qu’à la CSU.

La triste réalité est que beaucoup de processus de la CSU ne tiennent toujours pas compte du genre et que, par conséquent, des individus vulnérables sont encore laissés de côté. La pandémie de COVID-19 a exposé et exacerbé les inégalités, notamment de genre, qui nous empêchent de mettre en œuvre la santé pour tous. Elle nous a aussi rappelé que la santé est l’affaire et la responsabilité de tous, et que nous ne réussirons que si chacun d’entre nous pèse de tout son poids et collabore de manière solidaire, à travers les frontières. Le Forum Génération Égalité se réunira alors que le monde reste aux prises avec la pandémie ; les décideurs et les dirigeants mondiaux doivent saisir cette occasion pour démontrer qu’ils sont prêts à traduire les paroles en actes et donner la priorité à la CSU avec au centre l’égalité des sexes.

Comment les États Membres peuvent-ils prioriser la CSU pour faire avancer l’égalité des sexes, les droits et le leadership des femmes ?

  • En garantissant l’accès des femmes et des filles et en abordant tous les aspects de la santé, notamment la santé et les droits sexuels et génésiques. Et l’accès est nécessaire pour TOUTES les femmes et les filles, dans toutes leurs identités croisées, sans distinction d’orientation sexuelle, d’identité et/ou d’expression de genre, de race, de classe, de handicap, d’indigénéité et d’autres caractéristiques.
  • En incluant les femmes dans le leadership et la prise de décision, en exploitant leurs connaissances et leurs perspectives et en investissant dans des postes de direction pour les femmes qui, puisqu’elles représentent la majorité des personnels de santé, peuvent réaliser la CSU et la réaliseront.
  • En encourageant des approches des systèmes de santé sensibles au genre et qui répondent aux besoins de tous, notamment des femmes, des hommes et des personnes non binaires tout au long de leur vie.
  • En agissant sur les engagements en faveur de la CSU, même pendant la crise du COVID-19, puisque des activités réussies de riposte et de reprise doivent veiller à ce que chacun, où qu’il se trouve, soit couvert par des mesures éprouvées de santé publique et des soins de santé adaptés, en particulier pour protéger la santé et les droits sexuels et génésiques.

Vous pouvez contribuer au plaidoyer pour donner suite aux engagements en faveur de la CSU de la manière suivante :

  1. En diffusant des messages clés sur la CSU aux gouvernements, aux décideurs mondiaux et aux organisations internationales qui participent au Forum Génération Égalité.
  2. En adressant une pétition demandant à votre gouvernement de prendre de véritables mesures pour une CSU sensible au genre et qui inclut hommes et femmes, avec en son centre l’égalité des sexes ainsi que la santé et les droits des femmes et des filles.
  3. En veillant à ce qu’une CSU sensible au genre et qui inclut hommes et femmes soit au cœur de toutes les activités de reconstruction après la pandémie et de préparation à de futures pandémies.
  4. En rejoignant le mouvement plus large pour la CSU, par exemple avec des campagnes à l’occasion de la Journée de la CSU, célébrée chaque année le 12 décembre, et les préparatifs de la prochaine réunion de haut niveau des Nations Unies sur la CSU en 2023.

Pour en savoir plus :


[1] https://www.who.int/hrh/resources/fr_exec-summ_delivered-by-women-led-by-men.pdf?ua=1

Catégories: Leave no one behind, Gender

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