20 mars 2024

Déclaration des coprésidents de la CSU2030 avant l'événement de haut niveau sur le partenariat UE-Union africaine dans le domaine de la santé mondiale pour un accès équitable.

Des agents de santé du service de nutrition de l'hôpital régional de référence de Soroti, en Ouganda, examinent une mère et son enfant.

Le 20 mars, la présidence belge du Conseil de l'Union européenne, l'Union africaine (UA), le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) et la Commission européenne organiseront conjointement un événement de haut niveau sur le renforcement des ambitions communes en matière de santé mondiale. Il s'agit d'une occasion unique de renforcer le pilier "santé mondiale" du partenariat Afrique-UE et d'utiliser les synergies pour renforcer l'équité en matière de santé et progresser vers les objectifs de développement durable pour 2030 (en particulier l'ODD 3) et l'agenda 2063 de l'Union africaine. Nous saluons le leadership de l'UA et de l'UE dans leur engagement en faveur de la santé pour tous et les appelons à prendre des mesures concrètes en vue de la mise en place de systèmes de santé équitables et résilients pour parvenir à une couverture santé universelle (CSU), en s'appuyant sur les soins de santé primaires.

Les travaux menés précédemment dans le cadre de ce partenariat ont conduit à la mise en œuvre d'initiatives fortes à des moments critiques. En 2022, la mise en place d'une enveloppe d'investissement de 150 milliards d'euros pour la passerelle globale Afrique-Europe a permis de soutenir des actions multisectorielles, y compris dans le domaine de la santé, en vue de la réalisation d'une ambition commune pour les agendas 2030 des ODD et 2063 de l'UA. En 2020, la création de l'accélérateur d'accès aux outils COVID-19 (ACT-A) pendant la pandémie de COVID-19 a contribué à alléger le fardeau pesant sur les pays africains grâce à la livraison de 350 millions de vaccins. Des efforts considérables ont également été déployés dans les pays africains pour renforcer les systèmes de santé par le biais d'une approche de soins de santé primaires.

Malgré ces efforts, la situation reste critique, en particulier dans un contexte post-COVID. Dans le monde, 4,5 milliards de personnes n'ont toujours pas accès aux services essentiels et 2 milliards d'individus continuent d'être confrontés à des difficultés financières lorsqu'ils recherchent des services de santé. Sur le continent africain, 615 millions de personnes n'ont pas accès aux services de santé dont elles ont besoin et 97 millions de personnes sont confrontées à des coûts catastrophiques lorsqu'elles doivent payer pour des services de santé. Ces chiffres soulignent l'urgence de traduire les engagements politiques en actions audacieuses.

Progresser vers la CSU représente une opportunité de réduire ces chiffres et d'améliorer la situation sanitaire de millions de personnes, en particulier parmi les populations les plus vulnérables et marginalisées, y compris les femmes et les filles, qui sont souvent laissées pour compte. La CSU garantit que tous les individus ont accès aux services de santé essentiels dont ils ont besoin sans avoir à faire face à des difficultés financières. La santé pour tous et l'équité en matière de santé ne sont possibles que si nous parvenons à la CSU. La CSU relie tous les secteurs, y compris la santé, la finance et l'économie, et constitue un catalyseur pour l'Agenda 2030. Il s'agit également d'un objectif stratégique de la stratégie mondiale de l'UE en matière de santé et de la stratégie africaine en matière de santé 2016-2030.

L'événement de haut niveau à venir est l'occasion pour les dirigeants de l'UA et de l'UE de travailler ensemble pour garantir un accès équitable à la santé mondiale. Nous les appelons à donner la priorité à la CSU comme base pour atteindre l'équité en matière de santé. Pour ce faire, les dirigeants devraient :

  • Investir dans la CSU sur la base d'une approche de soins de santé primaires. Les soins de santé primaires sont le fondement de la mise en place de systèmes de santé équitables et résilients qui ne laissent personne de côté. Il s'agit de l'approche la plus inclusive, la plus équitable et la plus rentable pour progresser vers la CSU. Par conséquent, l'augmentation du financement doit être orientée vers l'amélioration des services de soins de santé primaires.
  • Accélérer les efforts en matière de CSU et de sécurité sanitaire. La CSU et la sécurité sanitaire sont deux objectifs étroitement liés qui visent à protéger chacun, partout, en temps de crise comme en temps de paix. Ils sont atteints grâce au même système de santé. Les dirigeants de l'UA et de l'UE doivent agir maintenant pour concevoir et financer des approches intégrées visant à soutenir à la fois la CSU et les capacités de prévention, de préparation et de réaction en cas d'urgence sanitaire, dans le cadre d'efforts plus larges visant à mettre en place des systèmes de santé équitables et résilients.
  • Garantir la participation sociale aux processus décisionnels. Les gouvernements ne peuvent à eux seuls progresser vers la CSU. Ils doivent travailler en synergie avec les parties prenantes qui jouent un rôle essentiel dans les processus de santé. Les dirigeants de l'UA et de l'UE doivent institutionnaliser des mécanismes de gouvernance inclusive en matière de santé et adopter des cadres politiques qui permettent la participation sociale. De véritables partenariats sont essentiels pour garantir que les initiatives mises en œuvre sont cohérentes, inclusives et plus efficaces.

Alors que des responsables de haut niveau des secteurs de la santé publique et du développement de l'UA et de l'UE se réunissent à Bruxelles, nous réitérons notre appel à une action audacieuse pour parvenir à la CSU et à l'équité en matière de santé. Il est grand temps de passer des engagements à une action urgente pour atteindre la souveraineté africaine en matière de santé.

-Mme Gabriela Cuevas Barron et le Dr Justin Koonin, coprésidents du Comité de pilotage de la CSU2030.

 

Photo : © OMS / Neil Nuia

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