18 mai 2022

Message aux principaux donateurs de l’aide publique au développement (APD)

Appel des Coprésidents de la CSU2030 aux membres du G7 : aidez les pays à mettre en place des systèmes de santé qui protègent tout le monde

Alors que les principaux donateurs mondiaux de l’aide publique au développement (APD) se rencontrent cette semaine à Berlin dans le cadre des réunions des ministres de la santé, du développement et des finances du G7, nous avons un message simple et urgent à leur transmettre : aidez les pays à mettre en place des systèmes de santé qui protègent tout le monde.

Pour répondre à la crise du COVID-19 et offrir un avenir plus sûr et en meilleure santé, les dirigeants doivent de toute urgence investir dans des systèmes de santé qui protègent tout le monde, en se fondant sur les soins de santé primaires. Il est crucial de le faire, avec un accent inhérent sur l’équité et la résilience, afin de faire de la couverture santé universelle (CSU), de la sécurité sanitaire de même que de la santé et du bien-être pour tous une réalité et accélérer ainsi les progrès à l’horizon 2030.

Aujourd’hui, nous exhortons les ministres de la santé, du développement et des finances du G7 à prendre une action collective en vue de prioriser le soutien aux systèmes de santé, en particulier les fondements même des systèmes de santé, connus sous le nom de « biens communs pour la santé ». Ces systèmes, qui sont essentiels pour nous protéger tous et promouvoir la santé et le bien-être, comprennent les capacités de base pour détecter, évaluer et notifier les événements de santé publique conformément au Règlement sanitaire international.

Plus précisément, nous les appelons à se souvenir de leur engagement en faveur de la déclaration politique sur la CSU et les invitons à fournir des fonds adaptés, prévisibles, durables et à base factuelle, tout en améliorant leur efficacité, à l’appui des activités et priorités nationales pour avancer vers la CSU. Nous leur demandons de prendre les mesures suivantes :

Investir davantage. Le COVID-19 met en lumière le besoin préexistant d’accroître les investissements dans la santé, spécialement le financement public intérieur, et de réduire le recours aux paiements directs des soins médicaux qui appauvrissent les patients. Pour beaucoup de pays à faible revenu, qui font face à un double choc sanitaire et économique et qui n’ont guère de probabilités de parvenir à augmenter ou maintenir les dépenses publiques de santé par habitant, l’APD joue encore un rôle capital en soutenant les activités nationales pour atteindre la CSU.

Investir mieux. À peine 10% de l’aide pour la santé est utilisée pour renforcer les systèmes de santé et elle est souvent fournie aux pays de manière fragmentée. De plus, moins de 10% de l’aide pour la santé cible la sécurité sanitaire, et l’aide sert principalement à répondre aux crises au lieu d’investir en faveur de la préparation aux urgences. Il est urgent d’agir collectivement et d’apporter un soutien plus cohérent à un renforcement des systèmes de santé aligné sur les priorités et les besoins des pays, en mettant l’accent sur les soins de santé primaires, l’égalité des sexes ainsi que la participation sociale et la redevabilité. L’action collective doit s’attaquer au déficit mondial de 18 millions d’agents de santé et garantir des conditions de travail décentes en allouant l’APD à la formation des personnels de santé de première ligne dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Les membres du G7 devraient promouvoir ces mesures dans leur soutien bilatéral et par le biais des fonds mondiaux pour la santé.

Améliorer le suivi et les rapports sur les résultats. Les procédures actuelles d’établissement des rapports sur l’APD rendent difficile de déterminer quelle part du soutien est allouée au renforcement des systèmes de santé et à la préparation aux situations d’urgence. Une meilleure compréhension de ces allocations et de ces flux améliorera la planification et la prévisibilité du financement et soutiendra la redevabilité nationale et internationale en matière de résultats.

Le COVID-19 montre bien que la santé est l’affaire de tous. Les pays doivent se rassembler, avec la communauté internationale, pour garantir une action cohérente, spécialement pour répondre aux besoins des femmes et des filles ainsi que des personnes vulnérables et marginalisées, dont les communautés ont été frappées de plein fouet par la pandémie et la désorganisation des systèmes de santé.

En tant que coprésidents de la CSU2030, un mouvement multipartite, très actif et fondé sur la diversité en faveur de la CSU (qui comprend toutes les sphères des gouvernements, des parlementaires, la société civile, le secteur privé, des institutions internationales, des réseaux mondiaux de santé et du milieu universitaire), nous nous félicitons du rôle dirigeant des ministres du G7 pour accélérer les progrès vers un monde plus sûr, plus écologique et en meilleure santé, et démontrer leur solidarité constante, notamment avec leur volonté de parvenir à l’objectif d’une allocation à l’APD de 0,7% du PNB.

Coprésidents du Comité directeur de la CSU2030

  • Mme Gabriela Cuevas Barron
  • Dr Justin Koonin

Références :

Document de la CSU2030 Agir sur les systèmes de santé, pour la couverture santé universelle et la sécurité sanitaire

Note de synthèse du groupe Think7 sur la santé mondiale Ressources humaines pour la santé dans un monde globalisé

Note succincte de la Banque mondiale D’un double choc à la reprise : le financement de la santé à l’époque du COVID-19

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