29 mai 2020

Nouveau document de réflexion de la CSU2030

Il est temps de nous organiser face aux urgences sanitaires et à la CSU

À la lumière de la pandémie de COVID-19, comment la communauté internationale de santé peut-elle se rassembler autour d’une vision commune pour des systèmes de santé résilients et identifier les activités prioritaires pour les objectifs de la préparation aux urgences de même que de la couverture santé universelle (CSU) ?

Tel est le thème central du nouveau document de réflexion de la CSU2030 sur les urgences sanitaires et la CSU. Ce document a été présenté au cours d’un événement organisé par la CSU2030 et le Centre de santé globale, Genève, avec un public très divers de plus de 350 personnes. María Fernanda Espinosa, Présidente de la 73e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, a qualifié le document d’excellente lecture, capitale pour tous les acteurs de la santé dans le monde.

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Vivre avec le COVID-19 : il est temps de nous organiser face aux urgences sanitaires et à la CSU

Le document a été préparé par la CSU2030, avec des contributions de l’OMS, de la Banque mondiale, de l’OCDE, de l’UNICEF et d’autres membres et groupes de la CSU2030, afin de stimuler la réflexion, la discussion et l’action sur la signification du COVID-19 pour les systèmes de santé, aujourd’hui et à long terme. Comment devons-nous penser différemment et que devons-nous faire différemment pour être mieux préparés aux urgences, tout en progressant vers la CSU ? Comment pouvons-nous rendre les systèmes de santé suffisamment résilients pour qu’ils gèrent les chocs et protègent tout le monde ?

Les systèmes de santé font face à un double défi puisqu’ils doivent répondre à l’épidémie tout en protégeant d’autres services essentiels. Le document examine les conséquences pour les principales fonctions des systèmes de santé que sont la prestation des services, le financement de la santé et la gouvernance. Les conclusions préliminaires sont les suivantes : i) accorder une plus large place aux activités de santé publique comme volet de la CSU ; ii) investir plus et mieux dans la santé ; iii) saisir les occasions de procéder à des changements qui bénéficieront à la CSU et à la sécurité sanitaire ; et iv) s’unir autour d’objectifs de santé communs. Un programme d’action potentiel est proposé, se fondant sur les « demandes clés » du mouvement pour la CSU.

Ilona Kickbusch, Coprésidente du Comité directeur de la CSU2030 et Présidente du Conseil consultatif international, Centre de santé globale, a présidé la réunion qu’elle a ouverte en plaidant en faveur de la CSU dans le contexte des urgences sanitaires. « Avec le COVID-19, l’appel pour la CSU est vraiment un appel planétaire et cela signifie un contrat social dans tous les pays. »

Un premier groupe de discussion s’est centré sur les activités de santé publique et les « biens communs pour la santé ». Il a présenté des arguments en faveur de systèmes de santé résilients du point de vue des finances et d’un renforcement de la résilience aussi bien dans les systèmes de santé que dans les populations.

Agnès Soucat, Directrice de la gouvernance et du financement des systèmes de santé, Organisation mondiale de la Santé, a déclaré : « Nous avons négligé les fonctions fondamentales des systèmes de santé. À cet égard, la pandémie de COVID-19 est un échec collectif. Les biens communs pour la santé tels que les instituts de santé publique, les laboratoires et les systèmes de surveillance exigent une action collective et des interventions publiques. »

Feng Zhao, Directeur de programmes au Pôle Santé, nutrition et population pour l’Europe et l’Asie centrale, Groupe de la Banque mondiale, a décrit comment la contribution de la Banque mondiale à la riposte au COVID-19 aide à construire des systèmes de santé résilients et a souligné : « Nous devons disposer d’un ensemble clair d’arguments et de justifications des investissements pour les bailleurs de fonds et ceux qui fournissent le financement. »

Francesca Colombo, Cheffe de la Division de la santé, Organisation de coopération et de développement économiques, a noté : « Outre des systèmes de santé résilients, nous avons aussi besoin de rendre les personnes résilientes, de décloisonner le secteur de la santé, de penser à la santé et au travail social ensemble, et de mettre en place des systèmes intégrés. »

Un deuxième groupe s’est inspiré de ces messages et a mis en lumière l’importance vitale de l’instauration d’un climat de confiance et de la participation des communautés.

Midori de Habich, économiste et ancienne Ministre de la santé du Pérou, a remarqué : « Nous avons besoin d’un juste équilibre des soins dans l’ensemble du système, depuis les soins communautaires jusqu’aux soins hospitaliers, un juste équilibre des soins d’urgence et des services essentiels, et un juste équilibre des relations entre parties prenantes et fonctions décentralisées, avec la participation des communautés ainsi que des acteurs privés et publics. »

Githinji Gitahi, PDG mondial, AMREF Health Africa et Coprésident du Comité directeur de la CSU2030, a souligné que dans beaucoup de pays, les systèmes dirigés par l’offre se sont transformés en systèmes dirigés par la demande en lien avec le COVID-19, mais que les besoins de santé des personnes au-delà du virus sont restés les mêmes. Quand il s’agit des services de santé et de la riposte au COVID-19, « la confiance ne peut être obtenue qu’en étant gagnée », a-t-il déclaré.

Anamaria Bejar, Directrice du plaidoyer, Fédération internationale pour la planification familiale, qui s’exprimait au nom du Mécanisme de participation de la société civile (MPSC) pour la CSU2030, a annoncé un appel à l’action du MPSC sur les urgences sanitaires et la CSU. « Nous avons besoin de réponses et de systèmes de santé que le niveau local puisse s’approprier. Les soins de santé primaires sont absolument essentiels, et il est capital d’associer les communautés à la prise de décision », a-t-elle rappelé.

Stefan Peterson, Chef de la santé, UNICEF, a affirmé : « La participation de la communauté joue un rôle crucial aussi bien du point de vue des soins de santé que de la mobilisation communautaire. Notre CSU et nos SSP doivent commencer au niveau communautaire. »

L’événement s’est achevé par une discussion sur la manière de rassembler tout le monde autour d’un ensemble de mesures prioritaires pour des systèmes de santé plus forts et plus résilients.

María Fernanda Espinosa, Présidente de la 73e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, a demandé : « Quel est le scénario de l’après COVID-19 ? Nous avons besoin d’une liste de contrôle qui soit acceptée par le monde entier sur la manière de ne pas répéter les mêmes erreurs. […] La santé devrait être conçue et traitée comme un bien public mondial. Nous avons besoin d’un nouveau pacte social. »

Ilona Kickbush a conclu la réunion en demandant aux participants à la réunion de discuter du document, de le critiquer et de l’utiliser. Elle a rappelé : « Il existe un danger réel de nouvelle approche verticale de la sécurité sanitaire. Le débat que la CSU2030 a lancé dans ce document de réflexion est essentiel pour contrer cette nouvelle verticalité. Si nous nous trompons maintenant, le monde le paiera très cher, et comme d’habitude, ce seront les plus vulnérables qui verseront le plus lourd tribut. »

Ressources

Vivre avec le COVID-19 : il est temps de nous organiser face aux urgences sanitaire et à la CSU
Document de réflexion de la CSU2030

Au-delà du COVID-19 (coronavirus) : quelle sera la nouvelle normalité pour les systèmes de santé et la couverture santé universelle ?
Blog d’Agnès Soucat, Francesca Colombo et Feng Zhao 

Écouter l’enregistrement de l’événement ici

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Photo : © OMS / Jonathan Perugia

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