Rapport ACT for UHC

Ce rapport s'appuie sur des indicateurs statistiques, des analyses de documents politiques et l'enquête mondiale de la CSU2030 pour évaluer les progrès accomplis vers la CSU et identifier les lacunes et les vulnérabilités.

Ce rapport fait partie de l'outil « De l'engagement à l'action : un outil mondial de suivi des actions en faveur de la CSU » (ACT for UHC) de la CSU2030

En savoir plus sur ACT for UHC

Synthèse 2025

En 2015, les États Membres de l’Organisation des Nations Unies ont adopté l’Objectif de développement durable (ODD) 3, « Bonne santé et bien-être », qui comprend l’objectif de parvenir à la couverture santé universelle (CSU) – s’engageant ainsi à garantir que chacun, partout, ait accès à des services de santé de qualité sans être confronté à des difficultés financières. Pour progresser sans ce domaine, les États Membres ont approuvé une déclaration politique sur la CSU en 2019 afin de mobiliser l’engagement politique, les investissements et les actions. Ils ont renouvelé leurs engagements en adoptant une seconde déclaration politique en 2023.

Le rapport « De l’engagement à l’action : un suivi mondial des mesures prises en faveur de la couverture santé universelle » (ou « Action pour la CSU ») fournit les données nécessaires pour évaluer si les pays traduisent les engagements clés pris dans la déclaration politique de 2023 en actions concrètes. Auparavant dénommé : « État de l’engagement en faveur de la CSU », « Action pour la CSU » comprend un tableau de bord des données ainsi que des rapports mondiaux. En suivant les progrès accomplis pour mettre en oeuvre la CSU, ce « Action pour la CSU » contribue à la redevabilité ainsi qu’au plaidoyer et à l’alignement afin d’obtenir de meilleurs résultats de santé. Il vient en complément d’autres efforts de suivi de la CSU, tels que le « Rapport mondial de suivi de la CSU » de l’Organisation mondiale de la Santé et du Groupe de la Banque mondiale. Des ensembles de données complets, comprenant des informations au niveau des pays, sont disponibles sur le tableau de bord d’« Action pour la CSU ».

Ce rapport 2025 s’articule autour des huit domaines d’intervention du Programme d’action, qui a été élaboré avant la réunion de haut niveau de 2023 sur la CSU, dans le cadre d’une série de consultations approfondies avec les parties prenantes concernées. Le rapport s’appuie sur des indicateurs statistiques, des analyses de documents politiques ainsi que l’enquête mondiale de la CSU2030 visant à évaluer les progrès vers la CSU et recenser les lacunes et les vulnérabilités. Le rapport fournit une comparaison des résultats entre les Régions de l’OMS, les groupes de revenus de la Banque mondiale et les contextes de conflit et de fragilité. Il tient également compte de plusieurs éléments propres au contexte national, tels que les conditions socioéconomiques, la confiance dans les pouvoirs publics, la participation civique, la protection sociale, la promotion de l’égalité des genres et la vulnérabilité face au changement climatique – autant de facteurs qui façonnent de plus en plus la trajectoire vers la réalisation de la santé pour tous.

« Action pour la CSU » fournit une vision unique et multipartite à une question simple : les pays s’acquittent-ils de leurs engagements en matière de CSU ?
 

Progrès accomplis dans la réalisation de la cible 3.8 des ODD consistant à parvenir à la couverture santé universelle

Le Rapport mondial de suivi de la CSU de 2025 indique qu’entre 2000 et 2023, des avancées importantes ont été réalisées dans l’élargissement de la couverture par les services de santé (ODD 3.8.1) et la réduction des difficultés financières (ODD 3.8.2). Cependant, le rythme des progrès concernant ces deux mesures a ralenti depuis le lancement des ODD en 2015. Et malgré les avancées, à mi-parcours de l’ère des ODD, 4,6 milliards de personnes dans le monde n’ont toujours pas accès aux soins de santé essentiels ; et 2 milliards de personnes sont confrontées à des difficultés financières du fait des dépenses de services de santé à leur charge. À ce rythme, nous ne sommes pas en bonne voie d’atteindre la CSU d’ici 2030.

Transformer les engagements en actions concrètes

La vue vue d’ensemble de l’analyse révèle les quatre messages clés ci-après :

  1. Les fondations sont solides, mais l’impact reste inégal. L’engagement politique consistant à accorder la priorité à la CSU est solide dans la plupart des pays. En témoignent les politiques et plans nationaux de santé assortis de cibles mesurables, la reconnaissance du droit à la santé dans les constitutions, et l’adoption de lois visant à protéger les conditions de travail et la sécurité des personnels de santé. Cependant, les progrès en matière de financement de la santé – ainsi que les réductions des dépenses directes et des difficultés financières – restent modestes, insuffisants et inégaux. En particulier, il existe encore de grandes disparités entre les pays à revenu élevé et les pays à faible revenu en termes de dépenses de santé par habitant.
  2. Les disparités et les inégalités persistent. Entre les pays, des différences marquées subsistent en matière de couverture des services, d’ensembles de prestations pour la santé, de densité des personnels de santé et de stratégies de santé numérique. Des inégalités importantes persistent également au sein des pays, en particulier entre les ménages les plus riches et ceux les plus pauvres et entre les personnes vivant en milieu urbain ou rural. En outre, les progrès en matière d’égalité des genres dans le domaine de la santé ont été limités. Ces lacunes, associées à des progrès lents en matière de gouvernance inclusive et participative, continuent de compromettre l’objectif de ne laisser personne de côté.
  3. La CSU permet de renforcer la résilience face aux urgences sanitaires. Le lien entre la CSU et la sécurité sanitaire n’a jamais été aussi évidente. Tandis que les pays renforcent leur
    capacité à prévenir, détecter et faire face aux urgences de santé publique, conformément au Règlement sanitaire international, beaucoup intègrent également la santé dans leurs stratégies nationales sur le climat – reconnaissant que la protection de la santé des populations et l’investissement dans des systèmes de santé équitables, résilients et durables sont essentiels à la protection de notre avenir collectif.
  4. Il est essentiel de disposer de meilleures données. Les limites dans le recensement des personnes laissées de côté demeurent une contrainte majeure. Le manque de données ventilées (par exemple selon le genre et les différentiateurs socio-économiques) entrave la mise au point d’interventions équitables et le suivi des progrès, rendant ainsi difficile l’accès universel pour les populations marginalisées et vulnérables.

Alors que nous entamons les préparatifs en vue de la prochaine réunion de haut niveau des Nations Unies sur la CSU en 2027, nous devons nous rappeler qu’il n’existe pas de voie unique vers la CSU. En effet, chaque pays doit adapter son approche à son contexte spécifique et aux besoins de sa population. Pour garantir l’accès aux services de santé essentiels sans difficultés financières il convient de prendre en compte le fait que la CSU est non pas une destination, mais plutôt un parcours, qui se poursuit en fonction de l’évolution démographique, des besoins des populations et de la charge de morbidité. L’intégration de l’équité et de l’inclusion au coeur de ce parcours est essentielle pour concrétiser la promesse mondiale de la santé pour tous.

Principales conclusions concernant les engagements en faveur de la CSU dans les huit domaines d’intervention du Programme d’action

1. Soutenir l’initiative politique pour la couverture santé universelle

Le leadership politique est crucial pour faire de la CSU une priorité en matière de politique de santé nationale et pour affecter les ressources nécessaires à une action dans ce domaine. Les bases factuelles sont positives. En effet la CSU est au coeur de la politique et des plans nationaux de santé dans la plupart des États Membres de l’OMS (90 %, 168 sur 187). Une large majorité de pays (86 %, 160 sur 187) disposent de cibles mesurables en matière de CSU, et environ deux tiers d’entre eux (68 %, 128 sur 187) surveillent activement ces cibles grâce à des mécanismes de suivi et d’évaluation fondés sur les résultats.

2. Ne laisser personne de côté

Pour parvenir à la santé pour tous, les systèmes de santé doivent atteindre chaque personne, en particulier les personnes les plus vulnérables et marginalisées. Les données ventilées facilitent cela en permettant une compréhension plus précise des besoins spécifiques de la population, en mettant en évidence les inégalités, et en favorisant une allocation ciblée des ressources. Les États Membres de l’OMS ont progressé dans la promotion de l’équité en matière de santé dans les cadres législatifs, avec des indicateurs indirects utilisés pour évaluer l’accès non discriminatoire. Par exemple, la majorité des États Membres de l’OMS (94 %, 123 sur 131) garantissent l’accès aux services de santé essentiels aux non-ressortissants, quel que soit leur statut au regard de l’immigration. Cependant, des inégalités persistent dans la couverture des services de santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, ainsi que les services de santé reproductive et sexuelle, les ménages plus riches et les populations urbaines bénéficiant d’une couverture plus élevée que les ménages les plus pauvres et les populations rurales. Étant donné que seule la moitié des États Membres de l’OMS rapportent des données ventilées sur les inégalités dans les rapports de statistiques sanitaires, la capacité à déterminer qui est laissé de côté est limitée.

3. Adopter des législations et réglementations créant des conditions favorables

Les cadres juridiques et réglementaires constituent le fondement de la CSU, car ils déterminent la manière dont les pays garantissent l’accès aux services de santé essentiels et protègent le droit à la santé. Une proportion importante des États Membres de l’OMS (78 %, 140 sur 180) dispose de droits constitutionnels explicites à la santé. Toutefois, ces dispositions ne se traduisent pas toujours par des prestations concrètes obtenues par une action législative et l’interprétation judiciaire. Une autre indication de la reconnaissance du droit à la santé peut être observée dans le fait que 106 États Membres de l’OMS fournissent des informations sur des ensembles de prestations de santé au niveau national, dans le cadre de leurs principaux programmes de financement public de la santé. Ces ensembles de prestations de santé sont une étape nécessaire dans la définition de la couverture des soins de santé. Cependant, ces résultats ne concernent que les règles relatives aux prestations et non pas l’accès réel ou l’accessibilité financière. Par ailleurs, il existe des différences significatives, la couverture étant la plus élevée dans les pays à revenu élevé (95 %, 30 pays) et les pays à revenu intermédiaire
supérieur (87 %, 28 pays), contre 66 % dans les pays à revenu intermédiaire inférieur (34 pays) et 58 % dans les pays à faible revenu (13 pays).

Il est important de faire avancer les stratégies de santé numérique dans une perspective d’équité et de droits humains afin de lever les obstacles auxquels sont confrontés les groupes marginalisés. Il convient de rappeler qu’il existe une corrélation entre le niveau de revenu d’un pays et le degré d’avancement. En effet, 46 % des pays à revenu élevé (22 sur 48) mettent en oeuvre des stratégies de santé numérique dans une perspective d’équité et de droits humains, et comblent les lacunes en matière d’accès et de résultats pour différents groupes de population. Un tiers des pays à faible revenu (38 %, sept sur 16) ne prennent pas en compte l’équité et les droits humains lors de l’élaboration de stratégies et de programmes de santé numérique, tandis que 37 % (13 sur 35) des pays à revenu intermédiaire inférieur considèrent les incidences en matière d’équité et de droits humains dans l’élaboration et la mise en oeuvre de stratégies de santé numérique, mais ne disposent d’aucune stratégie visant à combler les lacunes d’accès et de résultats pour différents groupes de population.

4. Renforcer les personnels de santé et d’aide à la personne pour assurer des soins de qualité

Les personnels de santé et d’aide à la personne sont la pierre angulaire des systèmes de santé équitables et résilients. Il est donc essentiel d’y investir, notamment en garantissant un recrutement, une répartition et une fidélisation adéquats, ainsi qu’en améliorant leurs conditions de travail et en assurant leur sécurité. Dans l’ensemble, on constate des avancées positives dans les domaines susmentionnés, tout en notant que la plupart des indicateurs se concentrent sur les dispositions institutionnelles, tels que l’adoption de politiques et de lois – et non sur leur mise en oeuvre, sur le nombre de personnels de santé et d’aide à la personne, ni sur la qualité des soins fournis.

À l’échelle mondiale, la densité de médecins et de personnel infirmier a augmenté de manière constante entre 2013 et 2022. Cependant, cette croissance masque l’élargissement des disparités – notamment chez le personnel infirmier – entre les pays à revenu élevé et les pays à faible revenu, situation aggravée par la pandémie de COVID-19. En 2022, la densité du personnel infirmier dans les pays à revenu élevé représentait 105 pour 10 000 habitants ; soit une augmentation par rapport aux niveaux enregistrés avant la pandémie (98 en 2019). Dans les pays à faible revenu, la densité moyenne du personnel infirmier était de 8,1 pour 10 000 habitants en 2022, en baisse par rapport aux 9,6 en 2019.

La migration des personnels de santé a également un impact sur la disponibilité de la maind’oeuvre dans le secteur de la santé, avec environ 15 % des personnels de santé et d’aide à la personne travaillant en dehors de leur pays de naissance ou de première qualification professionnelle. Dans l’ensemble, on observe des progrès dans l’attention que les pays accordent à la migration internationale des personnels de santé et d’aide à la personne. De 2012 à 2024, le nombre d’États Membres faisant rapport sur le Code de pratique mondial de l’OMS pour le recrutement international des personnels de santé et son suivi a doublé (53 en 2012, 105 en 2024). En 2024, environ 90 % des États Membres (175 sur 194) ont établi des autorités pour veiller au suivi de l’application du Code. Entre 2012 et 2024, le nombre d’États Membres déclarant prendre des mesures pour mettre en oeuvre le Code a également doublé (35 en 2012, 71 en 2024). Des améliorations sont aussi visibles dans les accords formels sur le recrutement international et la migration des personnels de santé, 44 des 105 États Membres (42 %) ayant déclaré des accords bilatéraux ou multilatéraux en 2024, contre 30 des 80 États Membres (38 %) en 2021.

Eu égard aux conditions de travail et à la sécurité des personnels de santé et d’aide à la personne, 96 % des États Membres de l’OMS (173 sur 181) ont ou disposent partiellement de lois et de politiques visant à réglementer les salaires minimums, tandis que 78 % (80 sur 102) sont dotés de mécanismes réglementaires pour promouvoir la sécurité du personnel de santé.

5. Investir plus, investir mieux

Pour atteindre la CSU d’ici 2030 des investissements substantiels dans la santé et une protection financière accrue pour les populations marginalisées et vulnérables seront nécessaires. La priorité accordée aux dépenses de santé peut être prise en compte sous plusieurs angles, notamment la part des dépenses de santé dans le produit intérieur brut (PIB) et les allocations santé en tant que proportion des budgets publics, les dépenses publiques de santé par habitant, la protection financière et les sources de financement.

À l’échelle mondiale, les dépenses publiques nationales consacrées à la santé ont légèrement augmenté depuis 2000, avec une augmentation notable dans toutes les catégories de revenu des pays au plus fort de la pandémie de COVID-19. Or, des différences considérables par habitant persistent, les pays à revenu élevé dépensant environ 2 678 dollars des États-Unis (USD), contre 8,7 USD dans les pays à faible revenu (2022). La prévisibilité et la durabilité du financement sont également une préoccupation dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire inférieur, avec une dépendance relativement significative à l’aide extérieure : 31 % dans les pays à faible revenu et 17 % dans les pays à revenu intermédiaire inférieur (2022).

Les progrès en matière de protection financière sont également manifestes : la part des dépenses directes dans les dépenses de santé courantes montre une tendance à la baisse à long terme entre 2000 et 2022, et en 2022 elle reste inférieure à celle d’avant la pandémie de COVID-19. Toutefois, les dépenses directes restent élevées dans les pays à faible revenu (43 % des dépenses de santé courantes en 2022) et dans les pays à revenu intermédiaire inférieur (39 % des dépenses de santé courantes en 2022).

6. Avancer ensemble vers la couverture santé universelle

Les véritables progrès vers la réalisation de la CSU interviennent lorsque chaque partie prenante concernée a voix au chapitre. L’inclusion de la société civile et des communautés – y 
compris les jeunes, les femmes et le secteur privé – dans la prise de décisions gouvernementales permet de garantir que les politiques et les programmes répondent aux besoins des populations et instaurent la confiance dans l’action publique.

Les progrès en matière de gouvernance inclusive et participative entre les États Membres de l’OMS restent limités. En 2024, seuls 20 % des États Membres de l’OMS (38 sur 192) étaient classés comme « ouverts » selon le classement de l’espace civique (Civic Space Rating), en baisse par rapport à 22 % en 2018 (43 sur 192). En revanche, 26 % des États Membres de l’OMS rentraient dans la catégorie des espaces civiques « rétrécis » (50 sur 192), contre 18 % en 2018 (34 sur 192). La participation des citoyens dans les processus budgétaires est mesurée par le score de participation publique à l’enquête sur le budget ouvert, qui indique si la participation des citoyens dans les processus budgétaires est classée comme peu (0-40), limitée (41-60) ou adéquate (61-100). La moyenne mondiale est passée de 12 à 15 (sur 100) depuis 2017. Cependant, ce score – basé sur les données de 124 États Membres de l’OMS – représente peu d’opportunités de participation des citoyens dans les processus budgétaires.

Si ces conclusions ne sont pas spécifiques à la santé, elles offrent toutefois un aperçu de l’environnement plus large d’une gouvernance inclusive et participative par la participation sociale.

7. Garantir l’égalité des genres dans la santé

Faire progresser la CSU nécessite des systèmes de santé qui tiennent en compte les questions de genre, et qui luttent activement contre les normes de genres et les inégalités entre les hommes et les femmes afin d’assurer un accès équitable pour tous, y compris les femmes, les hommes et les personnes de divers genres. Le fait d’intégrer les considérations liées au genre dans les politiques et les programmes de santé et de collecter des données ventilées selon le genre est essentiel pour déterminer et surmonter les obstacles qui perpétuent la discrimination et l’accès inégal aux soins.

À l’échelle mondiale, la situation et les progrès concernant l’adoption de lois et de réglementations garantissant un accès complet et égal aux services de santé sexuelle et reproductive sont relativement élevés, tant en termes de planification familiale que pour les soins de maternité.

Cependant, la couverture des services pour les contraceptifs et la planification familiale montre une amélioration limitée, avec une augmentation d’un point de pourcentage entre 2019 (74 % des femmes en âge de procréer couvertes, moyenne pour 184 États Membres de l’OMS) et 2023 (75 % des femmes en âge de procréer couvertes, moyenne pour 184 États Membres de l’OMS). 

La notification des données ventilées selon le genre concernant les personnels de santé reste limitée. Ces données sont essentielles pour élaborer des politiques transformatrices et équitables, d’autant plus que les femmes représentent la grande majorité des personnels de santé et d’aide à la personne, mais restent sous-représentées dans les fonctions de direction dans les domaines de la santé et de la politique.

8. Connecter la couverture santé universelle et la sécurité sanitaire

La CSU et la sécurité sanitaire mondiale sont des objectifs qui se renforcent mutuellement : les systèmes de santé qui fournissent des services essentiels pour toutes et tous sont mieux à même de prévenir et de détecter les urgences de santé publique et d’y faire face, tout en étant mieux préparés à poursuivre la prestation de services systématiques. La pandémie de COVID-19, ainsi que les menaces émergentes telles que le changement climatique et les conflits, ont mis en lumière la nécessité de systèmes de santé capables de maintenir les services essentiels en période de crise et en période calme. En réponse, les pays prennent des mesures pour renforcer les capacités de préparation aux pandémies et intégrer les considérations sanitaires dans les stratégies d’adaptation et de résilience climatiques.

Près de la totalité des États Membres établissent désormais des rapports sur le Règlement sanitaire international (RSI). Le score mondial relatif aux principales capacités du RSI, qui reflète la capacité d’un pays à prévenir et détecter les risques pour la santé publique et y faire face, est resté relativement stable pendant la pandémie de COVID-19 et après celle-ci, vers 64 % (193 sur 194 États Membres de l’OMS, 2024). La pandémie de COVID-19 a mis en lumière des vulnérabilités dans la continuité des services de santé essentiels, avec une couverture vaccinale systématique (comme en témoignent le vaccin antidiphtérique-antitétanique-anticoquelucheux et la première dose de vaccin antirougeoleux) en 2019, mais certaines régions ont dépassé les niveaux d’avant la pandémie en 2024.

L’impact croissant du changement climatique sur les systèmes de santé a incité les pays à intégrer les considérations de santé dans leurs stratégies nationales relatives au climat. En conséquence, 91 % des contributions déterminées au niveau national (175 sur 193 Parties) reconnaissent désormais la santé comme une priorité1. Cela indique une reconnaissance croissante du changement climatique en tant que menace sanitaire mondiale et un mouvement vers une résilience climatique inclusive pour la santé.