Les jeunes et les parlementaires appellent à une action urgente en matière de protection financière lors de la Journée de la CSU 2025
17th December 2025
Le 12 décembre 2025, de jeunes défenseurs de la santé et des parlementaires du monde entier se sont réunis en ligne à l'occasion de la Journée de la CSU.
Co-organisé par l'IPSF, l'IAPO, l'IFMSA, l'Alliance ICN des étudiants et des infirmiers en début de carrière, le Conseil des jeunes de l'OMS, le Groupe majeur des Nations Unies pour les enfants et les jeunes, le CSEM pour la CSU2030 et la CSU2030, cet événement virtuel de 90 minutes a marqué l'aboutissement de la campagne de la Journée de la couverture santé universelle 2025 sur le thème « Soins trop chers ? On en est malades ! ».
La réunion publique s'est ouverte par un rappel poignant des enjeux mondiaux. La couverture santé universelle (CSU) reste hors de portée, des millions de personnes n'ayant toujours pas accès aux services de santé essentiels et beaucoup d'autres étant poussées dans la pauvreté par les dépenses de santé à leur charge. Dans un contexte de restrictions budgétaires publiques et d'évolution du financement mondial de la santé, la campagne de la Journée de la CSU 2025 place la protection financière au centre des efforts visant à atteindre l'équité en matière de santé et le développement durable.
Les messages vidéo des leaders mondiaux de la santé ont souligné que les décisions prises aujourd'hui détermineront la résilience et l'équité des futurs systèmes de santé. La partie introductive a également célébré l'annonce des champions de la Journée de la CSU 2025, récompensant les personnes et les groupes qui se sont surpassés pour garantir que chacun, partout dans le monde, puisse accéder aux services de santé dont il a besoin sans difficultés financières.
Leadership des jeunes, responsabilité politique et participation
La première partie a réuni des jeunes leaders, des parlementaires et des experts en participation sociale afin de cadrer la discussion.
L'honorable Sobita Gautam, membre de la Chambre des représentants du Népal, a réfléchi à la manière dont les obstacles financiers aux soins affectent de manière disproportionnée les jeunes et les communautés marginalisées. Elle a souligné la responsabilité des parlementaires de veiller à ce que les engagements en matière de CSU se reflètent dans les lois, les budgets et la surveillance, et a mis en avant l'importance de travailler aux côtés des jeunes en tant que co-créateurs de solutions politiques.
Rehman Hassan, coprésident du Conseil des jeunes de l'OMS, a expliqué comment les frais à la charge des patients limitent l'accès des jeunes aux services essentiels et sapent la confiance dans les systèmes de santé. Il a appelé à une participation significative des jeunes à la prise de décision en matière de santé, soulignant que l'engagement des jeunes doit aller au-delà de la consultation pour inclure une influence sur les priorités politiques et l'allocation des ressources.
Du point de vue de la gouvernance et de la responsabilité, Nanoot Mathurapote, du Bureau national de la Commission de la santé de Thaïlande, a souligné que la participation sociale était la pierre angulaire des progrès en matière de couverture santé universelle et de protection financière. S'appuyant sur l'expérience de la Thaïlande, elle a illustré comment les mécanismes institutionnalisés d'engagement du public et des jeunes renforcent la responsabilité et améliorent les résultats des politiques de santé.
Dialogue entre les jeunes et les parlementaires : de l'expérience vécue à la réponse politique
Au cœur de la réunion publique se trouvait un dialogue intergénérationnel entre des jeunes militants et des parlementaires, fondé sur des expériences vécues illustrant les conséquences néfastes des coûts de santé.
Lors du premier échange, Nasante Margret Nakamba, étudiante en sciences de la santé originaire de Zambie, a décrit comment des coûts de santé inabordables entraînent des retards dans les soins, des interruptions dans la scolarité et un creusement des inégalités pour les jeunes et les familles. En réponse, l'honorable Joseph Munsanje, membre du Parlement zambien, a reconnu la réalité de ces défis et la pression qu'ils exercent sur les ménages. Il a souligné que les parlementaires doivent faire face à des compromis difficiles en matière de financement de la santé, tout en renforçant le contrôle budgétaire et en donnant la priorité aux investissements qui réduisent les dépenses à la charge des patients. Il a insisté sur l'importance d'écouter la voix des jeunes afin de mieux comprendre les lacunes des politiques de protection financière et de garantir que les réformes répondent aux besoins réels sur le terrain.
Le deuxième échange a mis en vedette Liam McCarthy, un défenseur des maladies rares aux États-Unis, qui a parlé du fardeau financier à vie associé à l'accès aux soins spécialisés et de longue durée. En réponse, l'honorable Mariam Jashi, ancienne députée et vice-ministre de la Santé de Géorgie, a réfléchi au rôle essentiel des législateurs dans la transformation de l'expérience vécue en changement systémique. Elle a souligné que la protection financière nécessite une législation forte, un financement durable de la santé et une responsabilité politique, en particulier pour les personnes atteintes de maladies chroniques et rares. S'appuyant sur son expérience au sein du gouvernement, elle a souligné la nécessité pour les parlementaires de travailler dans tous les secteurs, d'impliquer la société civile et de défendre des politiques inclusives qui ne laissent personne de côté.
Lors du dernier échange, SM Shaikat, du Bangladesh, a souligné comment les coûts de la santé sont liés à la pauvreté urbaine, à l'inégalité entre les sexes et à la vulnérabilité climatique. Les parlementaires qui ont répondu à ces points de vue ont souligné la valeur des données fournies par les jeunes, de la budgétisation participative et des mécanismes institutionnalisés de participation sociale comme moyens pratiques de co-créer des solutions et de renforcer la protection financière.
Au cours des trois rounds, un message commun s'est dégagé : les jeunes ne sont pas seulement concernés par les décisions relatives au financement de la santé, ils sont également des partenaires essentiels dans la mise en place de systèmes de santé plus équitables.
Célébrer le leadership et l'engagement des jeunes
Le dialogue a été enrichi par les questions et les réflexions des participants venus de différentes régions, renforçant ainsi la pertinence universelle de la protection financière. Le public présent dans le chat s'est fait l'écho des appels en faveur d'une prise de décision inclusive, de la responsabilité et d'un investissement accru dans la CSU.
À l'issue de la réunion publique, les organisateurs ont mis en avant les prochaines étapes concrètes à suivre pour maintenir la dynamique au-delà de l'événement. Les participants ont été encouragés à :
- Partager leurs histoires dans le cadre de la campagne #HealthCostsHurt
- Mobiliser les parlementaires à l'aide des outils de plaidoyer de la Journée de la CSU
- Participer aux prochains dialogues axés sur les jeunes et consacrés à la participation sociale
- Utiliser les données nationales et le nouveau rapport et tableau de bord ACT for UHC pour soutenir un plaidoyer fondé sur des données probantes
Pour clôturer l'événement sur une note enthousiaste, l'IFMSA a organisé le tirage au sort du Youth Challenge, célébrant l'engagement des jeunes militants qui ont participé au défi. Le tirage au sort a souligné un message central de la réunion publique : le leadership des jeunes est non seulement essentiel pour faire progresser la CSU, mais il mérite également d'être reconnu, mis en avant et soutenu par des investissements continus.
La réunion publique de la Journée de la CSU 2025 a démontré la puissance du dialogue entre les générations et entre les secteurs. En associant l'expérience vécue au leadership politique et en célébrant l'action des jeunes, l'événement a réaffirmé un appel clair à l'action : pour parvenir à la CSU, il faut protéger les personnes contre les difficultés financières et veiller à ce que les jeunes aient leur mot à dire lorsque des décisions en matière de santé sont prises.

