La déclaration politique de la quatrième réunion de haut niveau sur les MNT doit donner la priorité à la CSU, à l'équité en matière de santé et à la gouvernance participative.

8th July 2025

Ce blog explique pourquoi la prochaine réunion de haut niveau de l'ONU sur les MNT et la santé mentale doit mettre au centre la CSU, l'équité en matière de santé et l'implication des personnes vivant avec des MNT.

Ce blog de la Coalition des partenariats pour la CSU et la santé mondiale a été publié pour la première fois sur ActOnNCDs.org.

Le 25 septembre 2025, les dirigeants du monde entier se réuniront à New York pour la quatrième réunion de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations unies sur la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles et la promotion de la santé mentale et du bien-être (HLM4).

Cette réunion intervient à un moment crucial : alors qu'il ne reste que cinq ans pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD), la communauté mondiale doit passer des engagements à l'action. Les maladies non transmissibles (MNT) sont la principale cause de décès et d'invalidité dans le monde, et les progrès dans la lutte contre ces maladies ont ralenti depuis 2015 et sont loin d'être suffisants pour atteindre les objectifs mondiaux. Alors que les gouvernements rendent compte des progrès accomplis en matière d'ODD lors du Forum politique de haut niveau (FPHN), avec à l'ordre du jour l'ODD 3 sur la santé et le bien-être, la Coalition des partenariats pour la CSU et la santé mondiale appelle à un nouvel engagement en faveur de la CSU, de la prise en compte des déterminants de la santé et de la gouvernance participative, en reconnaissant que la réalisation de la cible 3.4 relative aux MNT et de la cible 3.8 relative à la CSU sont des objectifs interdépendants : nous ne pouvons pas atteindre l'un sans l'autre.

Voici pourquoi il est important de :

1. Faire de la CSU une priorité nationale

La moitié de la population mondiale n'a toujours pas accès aux services de santé essentiels, et pour ceux qui se font soigner, les coûts sont souvent dévastateurs et appauvrissants. Près de deux milliards de personnes sont confrontées à des difficultés financières dues aux dépenses de santé. Les maladies non transmissibles, qui nécessitent souvent un traitement à long terme, font peser une lourde charge financière sur les familles, entraînant des cycles générationnels d'endettement, de pauvreté et de maladie. La CSU basée sur les soins de santé primaires (SSP), avec de solides systèmes d'orientation vers des soins spécialisés, est la solution, car elle garantit que chacun, partout, peut accéder à l'ensemble des services de santé essentiels dont il a besoin - quand et où il en a besoin - sans difficultés financières.2

La déclaration politique de la quatrième réunion de haut niveau (HLM4) doit placer la CSU au centre de ses préoccupations et encourager la mise en œuvre d'ensembles de prestations de santé nationales financées par l'État, qui couvrent les services de santé essentiels et de qualité, y compris la prévention, le diagnostic, le traitement et la gestion à long terme des maladies non transmissibles et de l'état de santé mentale.

La déclaration politique de la HLM4 devrait viser à redynamiser l'engagement des États membres en faveur de la CSU et de sa mise en œuvre, et continuer à souligner l'importance d'intégrer la prévention, le contrôle et la gestion des maladies non transmissibles axés sur la personne dans les prestations de santé nationales financées par l'État. Nous demandons instamment aux États membres de conserver les objectifs inclus dans le projet de texte concernant les taxes sur la santé, l'accès à un ensemble essentiel de médicaments et de technologies de qualité garantie, et les politiques de protection financière, car il s'agit là de moteurs essentiels pour faire progresser la CSU. Nous saluons également la mention d'accords d'achats stratégiques, tels que les achats groupés, afin de stimuler la mise en œuvre à grande échelle d'interventions rentables identifiées dans les paquets de prestations de santé. Ces priorités devraient être reflétées dans les discussions en cours sur le HLPF, où les pays tracent la voie vers une action accélérée en faveur des ODD et de la CSU.

2. S'attaquer aux déterminants de la santé

Les déterminants sociaux de la santé - les conditions dans lesquelles les gens naissent, grandissent, travaillent, vivent et vieillissent - influencent de manière significative les inégalités en matière de santé. Par exemple, pour les populations marginalisées, des facteurs tels que l'accès limité à un logement de qualité, à l'éducation, à la protection sociale et à une alimentation saine, ainsi que l'exposition aux maladies infectieuses, augmentent la gravité et la diversité des maladies non transmissibles. Les femmes et les jeunes filles qui vivent avec des MNT et des troubles de la santé mentale ou qui risquent d'en développer sont confrontées à des des barrières uniques et systémiques aux services de santé, en particulier dans les environnements à faibles ressources. Une autonomie financière limitée, des contraintes de temps et de mobilité, ainsi que des responsabilités de soins peuvent les empêcher de se faire soigner en temps voulu. Les désavantages économiques structurels, tels que l'écart de rémunération entre les hommes et les femmes, les soins non rémunérés et invisibles, le sous-emploi et l'absence de protection sociale, réduisent encore leur capacité à s'offrir des services de santé et à y accéder.

Les femmes, les enfants et les adolescents (FEA) sont particulièrement vulnérables aux effets des inégalités en matière de santé et des lacunes dans les soins. La charge croissante des maladies non transmissibles chez les adolescents et les effets à long terme d'une mauvaise santé maternelle sur les mères et les enfants doivent être mieux pris en compte grâce à des approches intégrées de la santé tout au long de la vie. La déclaration politique de la quatrième conférence ministérielle de haut niveau doit explicitement donner la priorité à la santé des FEA en tant qu'élément central de la prévention des MNT et de la CSU. Il s'agit notamment de garantir l'accès des adolescents à des services adaptés à leur âge, de renforcer les services de santé maternelle en y intégrant le dépistage et la prise en charge des maladies non transmissibles, et de s'attaquer aux risques intergénérationnels liés à une mauvaise alimentation et à l'exposition à l'environnement.

La prise en compte des déterminants de la santé permet d'améliorer la prévention et le diagnostic précoce, ce qui se traduit par de meilleurs résultats en matière de santé tout au long de la vie. Nous soutenons les considérations relatives à la prise en compte des déterminants sociaux de la santé incluses dans le projet de déclaration politique et soulignons la nécessité que la déclaration politique de la HLM4 reconnaisse toute l'étendue des inégalités structurelles et systémiques qui déterminent l'accès aux soins et l'exposition aux facteurs de risque des maladies non transmissibles, y compris les disparités économiques, les inégalités entre les hommes et les femmes et le statut économique. Le HLPF offre une occasion capitale d'élever ces préoccupations et de veiller à ce que les stratégies nationales et mondiales relatives aux ODD reflètent la nécessité de mettre en place des systèmes de santé inclusifs et équitables qui donnent la priorité aux plus vulnérables, ainsi que des politiques qui réduisent les disparités en matière de résultats sanitaires entre les pays et au sein des communautés.

3. Promouvoir la gouvernance participative

Garantir la participation significative des personnes atteintes de maladies non transmissibles et de troubles mentaux contribue à l'élaboration de politiques reflétant les besoins réels et à l'élimination des obstacles à l'accès à la santé est un puissant facteur de progrès. Les jeunes, en particulier, doivent être impliqués de manière significative dans l'élaboration des politiques qui affectent leur avenir. Ils sont de plus en plus vulnérables aux maladies non transmissibles, car ils sont exposés quotidiennement à des facteurs de risque majeurs tels qu'une alimentation malsaine, le tabagisme et l'alcoolisme, l'inactivité physique et la pollution de l'air. La déclaration de la jeunesse de Kigali, un appel à l'action lancé par les jeunes eux-mêmes, souligne l'importance de solutions dirigées par les jeunes et fondées sur leurs expériences et leurs voix.

L'institutionnalisation de la participation par le biais de structures de gouvernance inclusives garantit la transparence, renforce la confiance du public et améliore l'utilisation des services, ce qui se traduit par de meilleurs résultats en matière de santé et une réduction de la stigmatisation. Alors que les pays examinent les progrès accomplis dans la réalisation de l'ODD 3 et des cibles connexes lors du HLPF, et que les négociations sur la déclaration politique du HLM4 progressent, il sera essentiel de donner la priorité aux approches axées sur les personnes et de formaliser les mécanismes de participation des communautés, de la société civile, des jeunes et des personnes touchées par les MNT et les troubles de la santé mentale, afin de s'assurer que personne n'est laissé pour compte ou mis à l'écart.

Appels à l'action

Nous exhortons les États membres à :

  1. Reconnaître le caractère central de la CSU pour accélérer les progrès dans la lutte contre les MNT et les troubles de la santé mentale, et que la cible 3.4 relative aux MNT et la cible 3.8 relative à la CSU sont des objectifs interdépendants ;
  2. Renforcer les systèmes de protection sociale et financière et la couverture des services liés aux MNT et à la santé mentale afin de réduire au minimum les dépenses de santé à la charge des patients ;
  3. Promouvoir un accès équitable aux services, médicaments et produits de santé essentiels de qualité pour les MNT et la santé mentale en renforçant et en intégrant la prévention, les soins et la gestion de qualité des MNT dans les systèmes de soins de santé primaires (SSP) et dans les ensembles nationaux de prestations de santé essentielles alignés sur les charges de morbidité nationales ;
  4. S'attaquer aux déterminants sociaux, environnementaux, économiques et commerciaux de la santé et promouvoir l'égalité des sexes comme condition préalable à des systèmes de santé résilients et à des résultats équitables et de qualité ;
  5. Promouvoir et institutionnaliser l'engagement des communautés, y compris des personnes vivant avec des MNT et des troubles de la santé mentale ou risquant d'en développer, dans la mise en œuvre de la déclaration politique de la HLM4.

La réalisation des objectifs mondiaux en matière de MNT d'ici 2030 est à notre portée, mais seulement si nous recentrons nos priorités en investissant dans la CSU, en nous attaquant aux causes profondes des mauvais résultats en matière de santé et en veillant à ce que les personnes fassent partie des décisions qui façonnent et influencent leur vie. Le quatrième sommet de haut niveau ne doit pas être une nouvelle étape, mais une occasion d'agir de manière décisive. Le dialogue au HLPF devrait donner l'impulsion nécessaire aux engagements pris lors de la réunion de haut niveau de septembre, afin de nous rapprocher de la réalisation des objectifs de développement durable.