Les droits humains en action : promouvoir le droit à la santé grâce à la couverture santé universelle

10th December 2025

Déclaration commune de la CSU2030, du PMNCH et de l'OMS à l'occasion de la Journée internationale des droits de l'homme

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a été fondée sur la conviction que la santé est un droit humain et non un privilège. Aujourd'hui, alors que nous célébrons la Journée internationale des droits de l'homme et que nous nous préparons à célébrer la Journée de la couverture  santé universelle (CSU) le 12 décembre, nous réaffirmons notre engagement à aider les États Membres à promouvoir le droit de toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible (le droit à la santé), tel qu'il est énoncé dans le droit international relatif aux droits de l'homme[i] et inscrit dans la Constitution de l'OMS et ses chapitres et articles[ii]

Le droit à la santé est un élément essentiel du quotidien qui est au cœur de la mission de l'OMS et des efforts mondiaux visant à réaliser la CSU. Notre partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) renforce encore notre détermination à défendre et à promouvoir ce droit pour tous.

La CSU et le droit à la santé entretiennent une relation profondément synergique.[iii] La CSU est l'expression concrète du souci d'équité en matière de santé et du droit à la santé, tandis que le droit à la santé définit les obligations des États membres qui sont directement liées à la réalisation de la CSU. Bien qu'il ne s'agisse pas du même concept, en garantissant à tous l'accès à l'ensemble des services de santé et des médicaments sûrs et de qualité dont ils ont besoin, quand et où ils en ont besoin, sans difficultés financières, la CSU fait progresser le droit à la santé, en renforçant l'équité, en élargissant la couverture et en ne laissant personne de côté. Chaque pas vers la CSU est un pas vers la réalisation des droits humains.

Pourtant, pour des milliards de personnes, le droit à la santé reste hors de portée. Trop de personnes dans le monde se voient refuser des services essentiels, sont poussées dans la pauvreté ou exclues en raison de leur sexe, de leur âge, de leur handicap, de leur statut socio-économique, de leur statut migratoire ou de leur lieu de résidence. Dans de nombreux pays, les médicaments représentent à eux seuls plus de la moitié des dépenses de santé à la charge des patients.[iv]

Il n'a jamais été aussi urgent de relever ce défi. Les conflits, les chocs climatiques, l'augmentation des inégalités et les reculs en matière d'égalité des sexes menacent la santé et le bien-être de tous, compromettant la croissance économique, le développement et la stabilité et la paix des sociétés à travers le monde. Au milieu de ces perturbations, nous avons une occasion unique de mettre en place des systèmes de santé résilients, équitables, justes et inclusifs. En donnant la priorité au droit à la santé et en accélérant les actions visant à la réalisation de la CSU, nous pouvons progresser vers la réalisation de l'Agenda 2030 dans son ensemble et jeter les bases d'un monde plus juste et plus sûr.

Il existe des raisons impérieuses d'ancrer la CSU dans des normes juridiquement contraignantes en matière de droits de l'homme et de la mettre en œuvre d'une manière compatible avec l'égalité, la non-discrimination, la participation, la transparence et la responsabilité. Les droits de l'homme fournissent un cadre permettant de garantir que les lois, les politiques, les pratiques et les budgets aux niveaux national, sectoriel et local soient inclusifs, transparents et répondent aux besoins de tous. Il est prouvé que la défense proactive du droit à la santé et à la protection sociale renforce l'équité en matière de santé, favorise la cohésion sociale et renforce la résilience face aux crises[v]. À son tour, la CSU contribue à traduire les droits en actions concrètes sur le terrain, offrant aux gouvernements une voie pratique pour renforcer les systèmes de santé et respecter leurs engagements en matière de droits humains. 

En ce jour, nous appelons donc les gouvernements, les institutions mondiales, la société civile et les communautés à travailler ensemble pour protéger et promouvoir le droit à la santé en prenant des mesures concrètes en faveur de la CSU, notamment

  • Mettre en place des systèmes de santé inclusifs qui protègent tout le monde, y compris les plus marginalisés.
  • Investir dans des systèmes de santé équitables et résilients qui éliminent les obstacles financiers, sociaux et autres, afin que personne ne rencontre de difficultés pour accéder aux soins.
  • Renforcer les soins de santé primaires et protéger et autonomiser les travailleurs de la santé, qui sont essentiels pour fournir des soins fondés sur les droits.
  • Garantir la participation sociale et la responsabilité, afin que les communautés puissent façonner les systèmes destinés à les servir.

Lorsque le monde semble dangereux, le droit à la santé sert de point d'ancrage stable. Les droits humains ne nous protègent pas seulement, ils permettent également aux personnes de mener une vie plus épanouie et plus saine.

Dans le prolongement de l'appel lancé par la campagne mondiale « Ma santé, mon droit », engageons-nous tous en faveur d'un monde où les systèmes de santé respectent la dignité humaine, offrent une couverture  santé universelle qui ne laisse personne de côté et garantissent le droit à la santé pour tous. 


 

Contexte :

La Journée internationale des droits de l'homme est célébrée chaque année le 10 décembre. Elle commémore l'anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH), adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies en 1948. Cette journée sert à sensibiliser le public aux questions relatives aux droits de l'homme et encourage les actions visant à défendre les droits qui protègent tous les individus. Cette célébration vise à promouvoir une culture mondiale de respect des droits de l'homme et de la dignité. 

 

Références :

[i] Le droit international relatif aux droits de l'homme constitue le fondement du droit à la santé. La Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH, 1948) reconnaît le droit de toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible, droit qui est précisé dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC, 1966). Des traités spécifiques mettent l'accent sur les droits à la santé des enfants (CRC, 1989), des femmes (CEDAW, 1979) et des personnes handicapées (CRPD, 2006), tandis que la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale (ICERD, 1965) renforce la non-discrimination dans l'accès aux services. Le droit de bénéficier des progrès scientifiques (REBSP, 2009) met davantage l'accent sur l'accès équitable aux avancées médicales.

[ii] Constitution de l'Organisation mondiale de la santé et ses chapitres et articles, 1946 : Organisation mondiale de la santé. 

[iii] CSU2030 et PMNCH. Connaissances, plaidoyer et redevabilité budgétaires en matière de santé pour la CSU - Boîte à outils pour le renforcement des capacités ; mai 2021. 

[iv] OMS et Banque mondiale. Suivi de la couverture sanitaire universelle : rapport mondial de suivi 2025 ; décembre 2025.

[v] HCR, HCDH. Aperçu de la couverture santé universelle et du droit à la santé ; juin 2023.