25 janvier 2018

Le Forum a constitué une étape importante qui a permis de stimuler la mobilisation des dirigeants mondiaux autour de la CSU

Forum de la CSU 2017 : Tous unis pour accélérer les progrès vers la CSU

La nécessité impérieuse d’accélérer les progrès vers la CSU a été un message fort lancé tout au long du Forum de la CSU 2017.

Du 12 au 15 décembre à Tokyo, le Forum, qui était organisé conjointement par le Gouvernement japonais, la JICA, l’UNICEF, la Banque mondiale, l’OMS et la CSU2030, a rassemblé des participants de haut niveau, notamment des chefs d’État, des ministres de la santé et des finances, des parlementaires d’Afrique, des responsables d’institutions bilatérales et multilatérales, des membres de la société civile, des instituts universitaires de recherche et le secteur privé. 

Le Forum a constitué une étape importante qui a permis de stimuler la mobilisation des dirigeants mondiaux autour de la CSU. 

Le Premier Ministre Abe, qui a ouvert le Forum de la CSU 2017, a confirmé le leadership du Japon dans le domaine de la santé mondiale, se fondant sur l’engagement de longue date de son pays en faveur de la CSU qu’il met en œuvre avec succès depuis les années 60 : « Nous ne ménagerons aucun effort pour construire un cadre mondial chargé de promouvoir la couverture santé universelle, de concert avec le Secrétaire général Guterres et d’autres dirigeants mondiaux. » Il a aussi annoncé que son Gouvernement consacrerait $US 2,9 milliards à la santé, la nutrition ainsi que l’eau et l’assainissement à l’appui des pays qui visent la CSU.

Au moins la moitié de la population mondiale n’a toujours pas accès à des services de santé essentiels de qualité ; 800 millions de personnes consacrent au moins 10% du budget du ménage aux dépenses occasionnées par les soins. Chaque année, le niveau de ces dépenses fait plonger près de 100 millions d’entre elles dans une situation d’extrême pauvreté. 

Tels sont les résultats alarmants du rapport de suivi « Tracking Universal Health Coverage: 2017 Global Monitoring Report » publié par l’Organisation mondiale de la Santé et le Groupe de la Banque mondiale en décembre 2017.

« Le rapport montre clairement que si nous voulons sérieusement obtenir de meilleurs résultats sanitaires, mais aussi venir à bout de la pauvreté, nous devons de toute urgence redoubler d’efforts en matière de couverture santé universelle », a remarqué le docteur Jim Kim, Président du Groupe de la Banque mondiale. « Les investissements dans la santé, et plus généralement les investissements en faveur des personnes, sont essentiels pour renforcer le capital humain et permettre une croissance économique inclusive et durable. Mais le système est cassé : nous avons besoin d’une réorientation majeure dans la façon dont nous mobilisons les ressources pour la santé et le capital humain, tout spécialement au niveau national. Nous travaillons sur beaucoup de fronts pour aider les pays à dépenser plus et plus efficacement en faveur des personnes, et accélérer leurs progrès vers la couverture santé universelle. » 

Le docteur Tedros Adhanom Ghebreysus, Directeur général de l’OMS, a affirmé : « Il est complétement inacceptable que la moitié du monde ne dispose toujours pas d’une couverture pour les services de santé les plus essentiels. Et c’est totalement évitable. Une solution existe : la couverture santé universelle (CSU) permet à chacun d’obtenir les services de santé dont il a besoin, quand et où il le souhaite, sans que cela ne lui occasionne de difficultés financières. »

Le Directeur général de l’UNICEF Anthony Lake a remarqué : « Privés de soins de santé, comment les enfants peuvent-ils réaliser pleinement leur potentiel ? Et sans une population productive et en bonne santé, comment les sociétés concrétiseront-elles leurs aspirations ? La couverture santé universelle peut aider à équilibrer les règles du jeu pour les enfants aujourd’hui, ce qui les aidera à leur tour à rompre demain les cycles intergénérationnels de pauvreté et de mauvaise santé. »

Le Forum a lancé un appel afin d’accélérer les progrès vers la CSU et parvenir à la santé pour toutes les personnes, qui qu’elles soient, où qu’elles vivent, d’ici à 2030. La Déclaration de Tokyo affirme : « D’ici à 2023, c’est-à-dire à mi-parcours à l’horizon 2030, le monde doit étendre la couverture sanitaire essentielle à un milliard de personnes supplémentaires et ramener à 50 millions le nombre de personnes plongées dans l’extrême pauvreté par les dépenses de santé. »

Accélérer les progrès

Pendant la séance de clôture, Rose-Mary Mburu, de l’OSC WACI Health Kenya et porte-parole du Mécanisme de participation de la société civile à la CSU2030, a lancé un vibrant appel, exhortant à ne pas se limiter à une approche routinière afin de parvenir à la CSU. Dans la déclaration du Mécanisme de participation de la société civile, les organisations de la société civile ont réitéré les principes suivants qui devraient guider plus activement les activités nationales et mondiales : 

  • la santé est un droit de l’homme et la réalisation de la CSU doit se faire en veillant à ne laisser personne de côté ; 
  • il faut progressivement abolir les dépenses à la charge des patients et relever substantiellement le financement public de la santé ; 
  • il est nécessaire de garantir une bonne gouvernance, une transparence robuste et une solide redevabilité (lien vers la déclaration).

D’autres voix ont fait entendre des préoccupations sur l’excessive lenteur des progrès, ainsi que l’a mis en évidence le rapport de suivi 2017 « Tracking Universal Health Coverage : 2017 Global Monitoring Report » (lien) qui a donné l’occasion d’entamer un examen multipartite des avancées à ce jour.

Les discours se transforment enfin en action. 

Le Forum a culminé avec un événement public qui a démontré qu’un mouvement croissant est plus déterminé que jamais à exiger une action politique. Les dirigeants mondiaux et les jeunes activistes se sont tenus côte à côte sur scène, face à un public qui scandait « La santé pour tous ! » pour affirmer que nous avons l’impératif moral et l’occasion historique de faire du droit à la santé une réalité (regardez l’événement par vous-même – photographie ici et vidéo complète ici).

Voici quelques-unes des façons dont les partenaires se sont engagés à prendre des mesures lors de l’événement public de clôture du Forum de la CSU 2017 :

Le Gouvernement japonais a annoncé une contribution de $US 2,9 milliards à l’appui des pays qui visent la CSU.

Le Ministère de la Santé du Nigéria s’est engagé à dispenser des soins de santé primaires gratuits à 8 millions de Nigérians supplémentaires pendant le premier trimestre 2018.

Une délégation de parlementaires du Forum des parlementaires africains sur la population et le développement s’est engagée à plaider pour la CSU sur la base des besoins des personnes.

La Fondation Gates a annoncé des projets en vue d’investir dans des meilleures mesures des soins de santé primaires et de rallier les parlementaires autour de la CSU.

L’IFMSA, qui représente 1,3 million d’étudiants en médecine de 127 pays, a promis de donner aux jeunes les moyens de promouvoir et de mettre en œuvre la CSU. 

La CSU2030 a annoncé sa volonté d’appliquer une stratégie de plaidoyer qui aidera les partenaires à identifier des mesures efficaces pour un mouvement social dirigé par la communauté.

Le Mécanisme de participation de la société civile pour la CSU2030 a publié une déclaration de principes, dans laquelle il promet de donner la priorité aux plus vulnérables et de faire campagne pour que tous les gouvernements adoptent un budget de santé égal au moins à 5% du PIB.

La Commission mondiale de haut-niveau sur les maladies non transmissibles (MNT) de l’OMS s’est engagée à trouver des points communs entre les programmes de lutte contre les MNT et de la CSU.

UHC Youth Japan a promis de faire pression sur son propre gouvernement et dans le monde entier pour ne laisser personne de côté – voir ci-dessous pour son message vidéo et d’autres contenus lancés pendant le Forum.

La mobilisation des partenaires

Pendant le Forum de la CSU 2017, la CSU2030 est fière d’avoir facilité l’organisation de plus de 40 événements parallèles sous l’égide de différents partenaires. Le programme très éclectique montre clairement que la CSU est devenue un centre de gravité incontournable pour la communauté de santé mondiale. 

Un stand interactif a rassemblé les initiatives apparentées à la CSU2030 qui ont eu ainsi l’occasion de présenter leur travail (y compris le lancement de la campagne de « mesures audacieuses »), mais aussi de confirmer leur volonté de s’associer à la CSU2030 pour collaborer autour du renforcement des systèmes de santé.  Le Forum a aussi organisé durant toute une journée une « vitrine des innovations » qui facilitent les progrès dans les systèmes de santé autour du monde.

La dynamique autour de la CSU a été soutenue dans le monde avec plus de 160 événements dans 45 pays, ce qui a mis en lumière l’élan grandissant suscité par la CSU. On est en droit d’espérer que le mouvement de la CSU s’étende encore, maintenant que la journée de la CSU est devenue une journée officielle des Nations Unies. Un sommet de haut niveau des Nations Unies sera organisé en 2019, qui demandera à l’OMS et d’autres organisations internationales concernées de présenter un rapport à l’Assemblée générale des Nations Unies sur l’amélioration de la coordination et la coopération internationales, en réponse aux besoins de santé des plus vulnérables pour une société inclusive, grâce au développement et au soutien de la CSU au niveau national.